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Est-ce que le chamanisme peut révolutionner notre manière de concevoir le soin thérapeutique ?

  • Photo du rédacteur: Sowa
    Sowa
  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture

Quand on entend le mot chamanisme, beaucoup de personnes imaginent immédiatement quelque chose de mystique, irrationnel, voire folklorique. Pourtant, plus j’avance dans ma pratique et mes recherches, plus je me rends compte que certaines traditions chamaniques posent des questions extrêmement modernes sur le soin psychique.


Et peut-être même des questions essentielles.


Non pas parce qu’elles auraient des “pouvoirs magiques”, mais parce qu’elles proposent parfois une autre manière de penser le rôle du thérapeute, la transformation intérieure et la guérison.


Une manière qui, à mon sens, pourrait profondément enrichir certaines approches thérapeutiques actuelles.


La tente claire et la tente sombre : deux visions du soin


Dans ses travaux sur les traditions chamaniques nordiques, l’anthropologue Charles Stépanoff parle notamment des “tentes claires” et des “tentes sombres”.

Et cette distinction m’a énormément marquée.


Dans la tente claire, le chamane est au centre. C’est lui qui reçoit les visions, interprète les informations, identifie les déséquilibres et indique la direction du soin. La personne accompagnée reçoit quelque chose venant du spécialiste.


Dans la tente sombre, la logique est complètement différente.

Le rôle du chamane devient davantage celui d’un facilitateur. Il pose un cadre : l’obscurité, le rythme, le chant, l’espace rituel, l’état de conscience modifié… mais l’expérience intérieure appartient avant tout aux participants eux-mêmes.


Autrement dit, le praticien ne devient plus celui qui “sait” à la place de l’autre. Il crée plutôt les conditions permettant à la personne d’entrer elle-même en relation avec son monde intérieur.


Et c’est là que, pour moi, quelque chose devient passionnant sur le plan thérapeutique.


Choeur Chamanique de Sowa - Cercle de chant
Choeur Chamanique de Sowa - Cercle de chant

Comprendre ne suffit pas toujours à transformer


Aujourd’hui, beaucoup d’approches thérapeutiques reposent principalement sur la parole, l’analyse et la compréhension mentale. Et bien sûr, cela peut être profondément aidant.


Mais on connaît aussi cette situation où une personne comprend parfaitement son fonctionnement… sans pour autant réussir à se transformer réellement.


Elle sait d’où vient son schéma. Elle comprend son trauma. Elle peut parfois même l’expliquer avec beaucoup de lucidité.

Et malgré cela, quelque chose reste figé dans le corps, dans les émotions ou dans le système nerveux.

C’est précisément pour cela que je trouve les approches symboliques, corporelles et rituelles si intéressantes.


Dans ses travaux sur “l’efficacité symbolique”, Claude Lévi-Strauss montre que le symbole et le rituel ne sont pas de simples croyances naïves : ils peuvent agir concrètement sur l’organisation psychique d’une personne.


Cette idée rejoint profondément ce que développe France Schott-Billmann dans son livre Quand la danse guérit. Elle explique que certaines formes d’art-thérapie, comme certaines pratiques chamaniques, permettent une transformation parce qu’elles mettent la personne en relation avec des symboles vécus corporellement, émotionnellement et sensoriellement.

Et je crois que c’est là un point fondamental.


Le psychisme ne se transforme pas uniquement par des explications. Il se transforme aussi à travers l’expérience vécue.

Le rythme. Le mouvement. Le chant. Les images intérieures. Les archétypes. Les sensations corporelles.

Tout cela peut parfois accéder à des endroits que le langage rationnel atteint difficilement.


Pourquoi cela nourrit ma pratique du chant intégral


Dans ma manière de travailler aujourd’hui, je me sens beaucoup plus proche de cette logique de “tente sombre”.


Je ne cherche pas à interpréter la vie des gens à leur place. Je ne pense pas non plus que le thérapeute doive devenir une figure qui détient un savoir supérieur sur l’autre.


Ce qui m’intéresse, c’est plutôt de créer un espace favorable à une rencontre intérieure.


À travers le chant, le rythme, les états de conscience modifiés, les archétypes ou le travail symbolique, j’essaie d’ouvrir un espace dans lequel la personne peut retrouver un accès direct à certaines parts d’elle-même : des émotions enfouies, des ressources oubliées, des images intérieures ou parfois des compréhensions très profondes qui émergent de manière intuitive et vécue.


Et ce qui me touche particulièrement dans cette approche, c’est la question de l’autonomie.


Parce que la transformation ne dépend plus uniquement du thérapeute. La personne développe progressivement sa propre capacité à entrer en relation avec son monde intérieur, à ressentir, à symboliser et à traverser certaines expériences par elle-même.


Je trouve cela profondément différent d’une vision du soin où le praticien deviendrait le seul détenteur des réponses.


Symboliser les parts intérieures
Symboliser les parts intérieures

Et si certaines traditions avaient encore quelque chose à nous apprendre ?


Je ne pense pas que le chamanisme doive remplacer les approches thérapeutiques modernes. Et je pense même qu’il faut rester extrêmement prudent avec certaines dérives spirituelles actuelles.


Mais je crois sincèrement que certaines traditions anciennes avaient développé des compréhensions très fines du lien entre le corps, le symbole, l’imaginaire, les émotions et la transformation psychique.

Et peut-être que notre époque commence justement à redécouvrir cela.

À travers les approches somatiques, l’art-thérapie, la danse-thérapie, le travail sur le trauma ou encore certaines recherches autour des états modifiés de conscience, on voit réapparaître une même intuition :

la guérison ne passe pas uniquement par le fait de comprendre. Elle passe aussi par le fait de vivre, ressentir, traverser et symboliser autrement son expérience intérieure.

Et c’est peut-être là que certaines approches chamaniques peuvent réellement venir enrichir notre manière contemporaine de concevoir le soin thérapeutique.


Peut-être que cette approche du soin résonne pour toi, soit parce que tu aimerais la vivre personnellement, soit parce que tu ressens l’élan de l’intégrer dans ta propre manière d’accompagner.


Si tu souhaites explorer ces approches à travers les outils du chant, du tambour, de la transe et du travail symbolique, n’hésite pas à me contacter pour que nous puissions en parler ensemble.

 
 
 

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